Le cadre de la genèse des bourgeoisies et de la vie de nos grands-parents étant posé, il convient de présenter en quelques lignes les étapes importantes qui jalonnent l'histoire de la bourgeoisie de Mase
Il est vrai que nombre d'écrits existent sur l'origine des bourgeoisies, mais l'histoire de celle de Mase reste encore à écrire même si son développement est à l'image des bourgeoisies de tout le canton.
Entre le IXe et le XIIIe siècle, le Valais vivait sous la féodalité, soit le même régime politique et social qui prévalait en Europe occidentale. Le droit de cette époque n'a pas de regard pour la liberté du peuple.
Il faut attendre le XIIe siècle pour percevoir quelques manifestations vers l'indépendance.
Durant une longue période on assiste à une lente évolution, soit la mise en place de règles nécessaires à la cohabitation, à la vie en
société. En dépendaient la constante recherche de la paix et de l'union dans la commune, la conservation des libertés, de la justice
où l'intérêt général devait l'emporter sur le particulier.
Il ne s'agit là évidemment que d'un aperçu d'une longue émancipation d'un peuple pour survivre dans des conditions
particulièrement difficiles. Chaque mètre carré comptait. Au gré des saisons, il fallait se déplacer de la plaine à la montagne pour
cultiver. On vivait en autarcie!
Les antiques usages de la bourgeoisie disparaissent en même temps que les dernières prérogatives seigneuriales, lors de la tourmente révolutionnaire de 1798. Puis se succèdent les constitutions et lois napoléoniennes (oui nous avons été rattachés à la France de 1808 à 1812 en tant que Département du Simplon)et finalement les lois valaisannes qui modifient profondément le système gouvernemental ancré dans les moeurs séculaires de nos bourgeois.
Mais c'est la constitution fédérale de 1848 qui instaure le système actuel, comportant deux espèces de communes, l'une bourgeoise et l'autre politique. Dès lors, la bourgeoisie, par ses organes, l'assemblée bourgeoisiale et le conseil bourgeoisial, se distingue de la commune politique. Elle a sa gestion propre et règle l'usage de ses avoirs bourgeoisiaux.
En effet, si l'on a ôté à la bourgeoisie l'administration communale, elle n'en conserve pas moins son importance dans la vie publique du Valais: c'est elle qui détermine l'appartenance d'un citoyen à une commune, en d'autres termes, sa patrie. Le droit de bourgeoisie est un statut de droit public, personnel et héréditaire, reliant le bourgeois à sa commune d'origine. L'octroi du droit de cité fédéral et cantonal est subordonné, dans notre canton, à l'obtention d'un droit de bourgeoisie. C'est la bourgeoisie qui délivre les certificats d'origine.
L'assemblée bourgeoisiale et le conseil bourgeoisial, ont une sphère d'activité propre, distincte de la commune politique en ce qui regarde la gestion et les règlements sur l'usage des avoirs bourgeoisiaux. Le conseil bourgeoisial, comme le conseil communal, est placé sous la haute surveillance du Conseil d'Etat. La jouissance des forêts, qui constituent la partie la plus considérable des avoirs bourgeoisiaux, est naturellement limitée par les lois fédérales et cantonales en la matière. Une législation cantonale stricte impose à la commune bourgeoise de fort nombreuses contributions aux charges publiques de la commune politique.
La constitution de 1848 prévoit une assemblée des bourgeois distincte de l'assemblée primaire, elle statue par contre qu'il n'y aura
de conseil bourgeoisial que sur demande de l'assemblée des bourgeois. Dans les communes où il n'y a pas de conseil bourgeoisial,
le conseil municipal en remplit les fonctions. C'est le cas à Mase.
Depuis le constitution de 1875, il faut que le nombre des non-bourgeois forme au moins la moitié de l'assemblée primaire ou que le
conseil communal soit formé de la moitié de non-bourgeois, pour que l'assemblée des bourgeois ait le droit de demander la
formation d'un conseil bourgeoisial distinct.
La conservation du patrimoine au sens large du terme est une des grandes préoccupations de notre temps. On peut en tout cas constater qu'il y aune prise de conscience générale de son existence, et de la nécessité de se donner des moyens pour le sauver.
Le temps presse de se décider sur la conservation du patrimoine en général, car les mentalités et les modes de vie changent.
Ne vivons-nous pas une période où tout est remis en question? Même les bourgeoisies qui trouvent en Valais nombre d'adeptes
pour leur suppression. Avec la mondialisation, allons-nous perdre notre identité ou au contraire ce phénomène va-t-il la renforcer ?